Mon héros, mon grand héros, mon seul héros.
Rechute. Chut ne dis rien. Ne dis plus. Les larmes aux coins des yeux, le coeur au bord des lèvres. Et les cernes, lourdes, glacées, pesantes, valises incertaines de ce sommeil qui te fuit. Je n'ai pas assez de mes petits bras pour te serrer contre moi, t'aspirer, te faire oublier. Je n'ai pas assez de mes petits bras pour te serrer contre moi et t'offrir la force de continuer.
Rechute. A vif. Meurtri.
Les yeux dans le vague, délavés, usés. Les épaules courbées. Victimes de cette putain de gravité. Et les lèvres, perdues, pendues au fil tenace de l'amertume. Aspirées vers le bas. Comme toi.
Presse toi contre moi, presse toi. Et mes petites mains essaient en vain de contenir les tiennes, mon regard d'accrocher le tien, mon corps d'aggriper le tien; et je te vois t'éloigner, repartir, recommencer. Comment fait-on pour te rattraper ? On ne rattrape ce qu'on a laissé filé et des larmes plein les yeux tentant de sourire, d'un sourire enfantin qui se veut confiant et serein, comme pour t'assurer que tout va aller, qu'on va remonter, que les valises vont s'envoler et que le manège va se remettre à tourner.
Raccroche toi, rapproche toi. Ne m'oublie pas. Ecoute parler le silence, écoute filer le temps, pourquoi faire cet horrible bilan, sordide et terrifiant? Et ces larmes, assorties à la pluie, comme si le ciel pleurait avec toi tout ce qui s'est perdu, dégringolé, enfuit. Partir ailleurs, mais partir ou, tout est tellement vide sans toi... Parcourir les rues, les villes, les champs à la recherche de ton sourire, de ton bonheur, tu as bien du le laisser tomber quelque part... Non je n'ai pas retrouvé ta cape mais tu n'en as plus besoin. Qui te demande d'être le plus fort, le plus beau, le meilleur ? Personne surtout pas moi, je veux juste que tu t'envoles que tu t'envoles loin, accroché à un ballon coloré raccroché à mon poignet pour que je sache partout quels sont tes ailleurs. En tirant sur la corde, la légère secousse te rappellerait alors que je suis la, encore la, toujours la; et le ballon volerait au gré du vent, au gré du vent et tes larmes s'effaceraient dans l'air, dans l'air du temps, en levant la tête j'apercevrais au loin les ombres salées se diluant sous le poids de mon petit tas d'amour. Brûle ta cape, qui a besoin d'une cape rouge pour faire le héros ? Il suffit d'être toi, laisse moi m'approcher, te chuchoter au creux de l'oreille au milieu de ta lourde peine, de ta grise peine, m'approcher doucement en te tenant la main, sinueuse et rapée, douce et abimée, te chuchoter au creux de l'oreille d'une voix un peu étranglée et mal assurée que je t'aime.
mardi 27 octobre 2009
samedi 24 octobre 2009
Mala vida
Connais tu cette impression cette impression de tourner en rond encore et encore et de te cogner inlassablement contre les portes les murs les encadrements de fenetres cette impression d'étouffer littéralement de tourner en rond en essayant d'happer l'air indispensablement vital et vitalement indispensable tourner en rond et se cogner faire des bleus encore et encore les compter compter les blessures de guerre une par une pour voir qui gagne ou qui perd et puis essayer de ne plus écouter de ne plus entendre ces mots assassins qui résonnent et se cognent aux murs qui résonnent et se déforment déforment la réalité les envies les espoirs et tourner en rond encore et encore pour ne plus penser ne plus penser à rien à part à un cocon un cocon tourbillonant sécurisant et laisser les larmes couler couler couler loin ne former plus qu'un fleuve salé dans lequel on pourrait se noyer et l'on retrouverait notre corps asphyxié tétanisé mais enfin libéré et les ailes cassées les ailes brisées qui ne servent plus à rien si ce n'est a supporter notre pauvre corps qui ne peut plus que flotter et tourbilloner tourbilloner au milieu de cet océan salé et bruyant bruyant de mots que l'on ne veut pas entendre des mots qui résonnent de plus en plus fort de plus en plus loin pour ne plus former qu'un immense cri gutural et glacé un cri rauque et cassé qui fendille assaille détruit le cocon flou et fou qui flottait autour de nous les mots hurlés finissent de le lapider les portes de claquer et les fenetres d'éclater et tout roule coule foule se mélange s'échange dieu que c'est étrange je ne veux pas de héros extrêment près et incroyablement fort on fait comment déjà pour penser à soi tout résonne et me sonne et je me cogne et je me cogne les portes claquent la musique éclate et je retombe à quatre pattes
jeudi 22 octobre 2009
Chronique d'une naïveté annoncée (IV)
"Rien ne peut être beau et vrai à la fois" Oskar Shell

Prendre les mots, un par un et les mettre les uns à la suite des autres. En faire des colliers, des rubans, des cerfs-volants. Les accrocher aux nuages, s'en faire des cotillons, les rendre moins sages et bruler les brouillons. Entre les lignes, unes par unes, glisser nos silences, nos absences, qu'est-ce que trois petits jours sur une longue vie ? Dans la vie y' a pas que les héros, y'a aussi les salauds. Je le sais, je le sais, on me la dit, on me l'a annoncé. Si je suis pas capable de tenir la distance, je finirais bien par m'arrêter pour rafistoler une fois de plus mes ailes cassées. L'avenir, vous y croyez, le hasard, les sourires, les soupirs, les baisers volés.
Forcer, foncer, froncer, ce n'est pas mon genre, vous le savez.
Prendre les mots et les mettre les uns à la suite des autres. Et écrire un monologue, sans point, sans virgule, l'écrire sans respirer comme pour tuer ce putain de héros que je ne veux pas que vous soyez je n'ai pas besoin de héros j'en ai bien assez j'en ai tellement que tout finit par déborder et se noyer se noyer tourbilloner dans un grand verre alcoolisé ne soyez pas étonné n'ayez pas peur de vous n'ayez pas peur pour moi ainsi va la vie je ne suis pas une peureuse les blessures de guerre tiennent chaud en hiver ne vous en faites pas trois jours ce n'est rien ce n'est pas grand chose sur toute une vie pourquoi avez vous si peur je ne vais pas vous manger je ne demande rien si ce n'est prendre le temps de comprendre vos silences je les écouterai autant qu'il le faut je n'ai pas peur même pas du froid ou des lamas mes ailes d'ange saoul vous ne les ferez pas tomber elles sont trop bien accrochées vient un moment où il faut sauter sauter dans le vide sans filet sans filet de sécurité tendez les bras bien loin bien fort comme pour toucher le ciel je vais vous apprendre à voler je ne sais plus quoi dire plus quoi inventer j'aurais aimé être quelqu'un d'autre dans une autre vie faire autre chose et rencontrer votre route j'aurais aimé être une autre fille un autre ange une autre naïve mais je ne suis que moi et je suis dans ma propre vie alors je me borne à faire avec ce que j'ai ne m'en voulez pas de dire tout ça de m'excuser encore et encore je n'ai pas envie que tout s'arrête je n'ai pas envie que le silence devienne envahissant et trop assourdissant et si c'était vrai je ne sais pas mais je veux vous écouter vous comprendre un peu ou du moins essayer je ne sais pas comment terminer ce monologue sans queue ni tête et bien trop désordonné je m'excuse une fois de plus à croire que je ne fais que ça je m'excuse de n'être que moi alors il faut bien arrêter je m'en vais je m'en vais mais je ne fuis pas je ne mets pas de points parce que je ne veux pas je veux juste que vous sachiez que je n'ai pas peur et que je suis là
mercredi 21 octobre 2009
Chronique d'une naïveté annoncée (III)
Ce vide, ce creux, ce manque. On l'explique comment ?
Ce creux, ce vide, ce manque. On le comble comment ?
Ce manque, ce vide, ce creux. On le remplie comment ?
Depuis que les minutes passent, que les heures s'écoulent et que les jours s'enchainent, comment fait on quand on a perdu ses repères ? Et puis cette absence, cette absence criée, hurlée, dégueulée par ce silence, oppressant, atroce et angoissant.
Comment on fait pour briser les murs, trouver les mots, recoller les morceaux ?
"Il existe trop peu de personnes sur qui tu puisses compter pour les laisser partir comme ça".
Ce creux, ce vide, ce manque. On le comble comment ?
Ce manque, ce vide, ce creux. On le remplie comment ?
Depuis que les minutes passent, que les heures s'écoulent et que les jours s'enchainent, comment fait on quand on a perdu ses repères ? Et puis cette absence, cette absence criée, hurlée, dégueulée par ce silence, oppressant, atroce et angoissant.
Comment on fait pour briser les murs, trouver les mots, recoller les morceaux ?
"Il existe trop peu de personnes sur qui tu puisses compter pour les laisser partir comme ça".
dimanche 18 octobre 2009
Il y a beaucoup de choses floues, mais ça, je n'ai pu l'oublier
" Et quand on sera plus saouls, dis, on fera quoi ? "
vendredi 16 octobre 2009
Chronique d'une naïveté annoncée (I)
J'avais envie d'écrire des lignes et des lignes, j'aurais bien fini par trouver une formule ou deux trois mots justes. J'avais envie de chanter que ton coeur avec le mien ç'eut été joli, mais construire pour détruire, autant m'enfoncer dans la terre pour ne plus remonter. J'avais envie de sauter le plus haut possible pour passer au dessus de ma rengaine usée, fatiguée et à bout. A bout de bras, j'avais envie de danser avec toi, un tango endiablé, déstructuré et saoul. J'avais envie de perdre le sens des réalités, grimper aux arbres et sauver les pauvres, mais avant il eut fallut que je me sauve, moi, ce qui eut été plus difficile à réaliser. J'avais envie de hurler, très fort pour ne pas m'effacer, pour te forcer à te retourner, te rattraper une dernière fois. Je ne voulais pas courir pourtant, courir derrière toi pour m'excuser, remettre au gout du jour les mots oubliés, jongler avec les pardons et t'offrir la vérité. J'avais envie de faire un pas, mais je n'ai rien fait, paralysée par ma connerie de banalité.
Et puis le réveil a sonné. Déchirant mes rêves embrouillés. Et le voile s'est évaporé.
J'avais envie de partir loin, loin, loin mais j'aurais été lâche, plus que n'importe quoi ou n'importe qui. Tu sais on m'a dit que dans la vie il y a beaucoup de salauds et très peu de héros. Mais avouer sa lacheté c'est comme enfiler la cape rouge. On est tous des salauds dans le fond, et ça ne nous empêche pas de nous lever le matin et de faire notre petite vie sans nous soucier de ceux que les autres peuvent bien penser.
J'avais envie de pleurer, mais où vont les larmes quand elles ont fini de couler ? Où vont les regrets quand on finit de les regretter ? Où vont les pas quand on finit de les danser ? Comment fait on pour être libres dans nos bras aimantés, amantés, aimants & thé ?
J'avais envie de lire dans ton sourire une dernière fois qu'on allait s'en sortir et finir de tout partager.
vendredi 9 octobre 2009
"Avec aux lèvres le sourire triomphant de ceux qui se sont joués de la malchance."
Des ronds dans l'eau. Et la pluie. Et le vent. Et les feuilles qui volent. Et la grenadine qui colle. Et la bière qui pétille. Et le temps qui tombe sur les passants. A l'abri. Les lambris dorés. Le ciel gris. Gris et usé. Délavé. Et les mots. Qui collent. Trébuchent. Et tombent. Et le silence. Pas si effrayant. Agréable. Profond. Et les sourires. L'écharpe. Les rayures. La table verte. Usée. Rayée. Abîmée. Des ronds dans l'eau. Et la pluie qui tombe. Sur le grand manège de la conversation désordonnée. Et les feuilles qui volent. L'orage éclate. Fascinant. Bruyant. Brillant. Libérateur. Déroutant. Le lama s'est enfuit. Le chameau a frisé.
Tout ceci est très mauvais, mais tant pis. Il manque un peu trop d'indifférence pour être douée.
mardi 6 octobre 2009
Kinder.
J'aimerais te prendre dans mes bras allonger le temps refaire le monde les saisons les gens j'aimerais reconstruire tes souvenirs abolir tes regrets et parfaire ton avenir compter les étoiles une par une et te les accrocher autour du cou pour te faire sourire j'aimerais etre la toujours la quand ça va pas n'importe où et n'importe quand etre cette oxygène qui te manque pour détruire ces horreurs qui t'étouffent j'aimerais etre un peu le SuperHéros de ta vie si ça peut te rendre heureuse te raconter n'importe quoi pendant des heures et complimenter encore tes longs cheveux et ton sourire et toi toi toi et encore toi je veux pas que tu sois triste je veux que tu sois heureuse que tu casses les murs de notre changement de cet ennuie qui nous bouffe avec tes éclats de rire et tes yeux qui brillent je veux te raconter toutes les mémoires du monde t'écrire les plus jolis mots fumer toutes les cigarettes de la terre avec toi manger des tonnes et des tonnes de pates maggi avec plein de gruyère pour que les larmes s'arrêtent de couler pour que tu me regardes dans les yeux et que tu me dises c'est fini c'est passé t'en fais pas ça va mieux je te demande pas d'être heureuse tout le temps mais je veux que tu saches que je suis la et que si tu tombes je serai encore la et quand tu te relèveras je serai toujours la n'oublie pas mon amour jamais ou grand jamais je ne pourrais te laisser partir et m'oublier parce que je t'aime tout simplement
dimanche 4 octobre 2009
J'traine dans les bars, et j'crois qc'est un peu tard...
Au beau milieu de la nuit, plongée dans une ivresse sombre et profonde, la vue trouble et sans plus de notion du temps, les repères se sont évanouis.
Au grand hasard, on chercher à apercevoir un visage, une silhouette, de loin ou de près qu'importe du moment que l'on sait sa présence. Malgré la lumière blafarde, le visage ne parvient à cacher l'horrible masque de la déception, pesant, brouillé qui voile alors les espoirs imaginés du bout des lèvres, s'éteignant aussitot. Cette abscence, sue ou du moins devinée enlève alors toute euphorie à l'ivresse qui se transforme en un long fleuvre noir et profond, bordé d'ombres menacantes toutes prêtes à avaler la moindre pauvre petite espérance.
On se prend alors à s'imaginer se perdre dans des bras inconnus ou plus ou moins reconnus, mais bien trop loin de trouver ce que l'on est venus chercher, on laisse l'alcool faire sa drôle de besogne et transformer les idées noires en martini blanc.
vendredi 2 octobre 2009
Lettre ouverte à un certain HasarT.
Bonjour, bonsoir, auriez vous l'heure s'il vous plait ? J'aime beaucoup votre pantalon, c'est quoi comme coupe ? Et la marque de vos lunettes ? La couleur de vos chaussettes ? Vous êtes nombreux dans votre classe ? Vous voyagez ? Vous parlez beaucoup de langues ? J'aime bien votre coiffure. Vous aimez la mer ? Les bateaux, les coquillages, les vagues, le gin ? Vous fumez quelles cigarettes ? Vous avez beaucoup bu ? Vous connaissez le film 'Les 3frères' ? Je vous le rejoue si vous voulez. Non je ne vous drague pas, je suis bien trop timide pour ça...
Je sais que je dis n'importe quoi, je n'ai même pas l'excuse d'être ivre, mais je profite de vous voir ces quelques minutes pour vous intriguer encore un peu. Vous finirez par vous rendre compte que je suis une fille bien ordinaire et que peut-être je ne vaux même pas mieux que ces petites blondes écervelées.
Bonjour, bonsoir, auriez vous l'heure s'il vous plait ? Croyez vous au hasard ? Croyez vous en l'espoir ? Il existe une force des choses, c'est inexplicable. Excusez moi de vous dire tout ça, c'est profondément sans intêret, je me laisse emporter dans un élan trop osé.
Je m'excuse de n'être qu'une fille timide et lointaine, de n'être qu'une silhouette croisée, apercue, épiée... Je m'excuse d'être si peu courageuse, mais ce hasard légèrement hagard n'a pas fini de me mettre en retard. Ce n'est pas pour me déplaire, n'allez donc pas vous méprendre, mais je m'excuse simplement de ne pas savoir comment m'y prendre...
Je sais que je dis n'importe quoi, je n'ai même pas l'excuse d'être ivre, mais je profite de vous voir ces quelques minutes pour vous intriguer encore un peu. Vous finirez par vous rendre compte que je suis une fille bien ordinaire et que peut-être je ne vaux même pas mieux que ces petites blondes écervelées.
Bonjour, bonsoir, auriez vous l'heure s'il vous plait ? Croyez vous au hasard ? Croyez vous en l'espoir ? Il existe une force des choses, c'est inexplicable. Excusez moi de vous dire tout ça, c'est profondément sans intêret, je me laisse emporter dans un élan trop osé.
Je m'excuse de n'être qu'une fille timide et lointaine, de n'être qu'une silhouette croisée, apercue, épiée... Je m'excuse d'être si peu courageuse, mais ce hasard légèrement hagard n'a pas fini de me mettre en retard. Ce n'est pas pour me déplaire, n'allez donc pas vous méprendre, mais je m'excuse simplement de ne pas savoir comment m'y prendre...
"Have a nice sleep."
jeudi 1 octobre 2009
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