samedi 24 octobre 2009

Mala vida


Connais tu cette impression cette impression de tourner en rond encore et encore et de te cogner inlassablement contre les portes les murs les encadrements de fenetres cette impression d'étouffer littéralement de tourner en rond en essayant d'happer l'air indispensablement vital et vitalement indispensable tourner en rond et se cogner faire des bleus encore et encore les compter compter les blessures de guerre une par une pour voir qui gagne ou qui perd et puis essayer de ne plus écouter de ne plus entendre ces mots assassins qui résonnent et se cognent aux murs qui résonnent et se déforment déforment la réalité les envies les espoirs et tourner en rond encore et encore pour ne plus penser ne plus penser à rien à part à un cocon un cocon tourbillonant sécurisant et laisser les larmes couler couler couler loin ne former plus qu'un fleuve salé dans lequel on pourrait se noyer et l'on retrouverait notre corps asphyxié tétanisé mais enfin libéré et les ailes cassées les ailes brisées qui ne servent plus à rien si ce n'est a supporter notre pauvre corps qui ne peut plus que flotter et tourbilloner tourbilloner au milieu de cet océan salé et bruyant bruyant de mots que l'on ne veut pas entendre des mots qui résonnent de plus en plus fort de plus en plus loin pour ne plus former qu'un immense cri gutural et glacé un cri rauque et cassé qui fendille assaille détruit le cocon flou et fou qui flottait autour de nous les mots hurlés finissent de le lapider les portes de claquer et les fenetres d'éclater et tout roule coule foule se mélange s'échange dieu que c'est étrange je ne veux pas de héros extrêment près et incroyablement fort on fait comment déjà pour penser à soi tout résonne et me sonne et je me cogne et je me cogne les portes claquent la musique éclate et je retombe à quatre pattes

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