mardi 27 octobre 2009

RECHUTE

Mon héros, mon grand héros, mon seul héros.
Rechute. Chut ne dis rien. Ne dis plus. Les larmes aux coins des yeux, le coeur au bord des lèvres. Et les cernes, lourdes, glacées, pesantes, valises incertaines de ce sommeil qui te fuit. Je n'ai pas assez de mes petits bras pour te serrer contre moi, t'aspirer, te faire oublier. Je n'ai pas assez de mes petits bras pour te serrer contre moi et t'offrir la force de continuer.
Rechute. A vif. Meurtri.
Les yeux dans le vague, délavés, usés. Les épaules courbées. Victimes de cette putain de gravité. Et les lèvres, perdues, pendues au fil tenace de l'amertume. Aspirées vers le bas. Comme toi.
Presse toi contre moi, presse toi. Et mes petites mains essaient en vain de contenir les tiennes, mon regard d'accrocher le tien, mon corps d'aggriper le tien; et je te vois t'éloigner, repartir, recommencer. Comment fait-on pour te rattraper ? On ne rattrape ce qu'on a laissé filé et des larmes plein les yeux tentant de sourire, d'un sourire enfantin qui se veut confiant et serein, comme pour t'assurer que tout va aller, qu'on va remonter, que les valises vont s'envoler et que le manège va se remettre à tourner.
Raccroche toi, rapproche toi. Ne m'oublie pas. Ecoute parler le silence, écoute filer le temps, pourquoi faire cet horrible bilan, sordide et terrifiant? Et ces larmes, assorties à la pluie, comme si le ciel pleurait avec toi tout ce qui s'est perdu, dégringolé, enfuit. Partir ailleurs, mais partir ou, tout est tellement vide sans toi... Parcourir les rues, les villes, les champs à la recherche de ton sourire, de ton bonheur, tu as bien du le laisser tomber quelque part... Non je n'ai pas retrouvé ta cape mais tu n'en as plus besoin. Qui te demande d'être le plus fort, le plus beau, le meilleur ? Personne surtout pas moi, je veux juste que tu t'envoles que tu t'envoles loin, accroché à un ballon coloré raccroché à mon poignet pour que je sache partout quels sont tes ailleurs. En tirant sur la corde, la légère secousse te rappellerait alors que je suis la, encore la, toujours la; et le ballon volerait au gré du vent, au gré du vent et tes larmes s'effaceraient dans l'air, dans l'air du temps, en levant la tête j'apercevrais au loin les ombres salées se diluant sous le poids de mon petit tas d'amour. Brûle ta cape, qui a besoin d'une cape rouge pour faire le héros ? Il suffit d'être toi, laisse moi m'approcher, te chuchoter au creux de l'oreille au milieu de ta lourde peine, de ta grise peine, m'approcher doucement en te tenant la main, sinueuse et rapée, douce et abimée, te chuchoter au creux de l'oreille d'une voix un peu étranglée et mal assurée que je t'aime.

6 commentaires:

  1. Pourquoi n'y a t il plus de texte depuis Rechute?

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  2. Mes mots ne plaisent plus, et suite à cette rechute je n'ai plus su comment dire les choses.

    Mais après toute chute, on fini toujours par se relever... Tot ou tard

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  3. Et les mots ne peuvent pas nous déplaire indéfiniment, je les aiment tellement que c'est dans les chutes et rechutes que je les préfère, enfin il semblerait que finisses par te relever,
    tes textes sont magnifiques,
    merci de les faire partager

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  4. Disons que ces textes ne sont que des bouteilles jetées à la mer et dont j'espère toujours un peu naivement que les personnes auquelles ils sont destinées finiront pas les lire...
    Les mots les plus justes sont ceux des chutes, ceux sortis à chaud, le plus rapidement possible, comme si mettre des mots sur des sentiments éloignait de nous le mal etre... C'est un peu comme jouer un clown triste en racontant une histoire sincère.

    Merci de me dire qu'on finit par me lire

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  5. Les mots les plus justes sont ceux qui viennent, qui ne sont pas reflechis, qui proviennent du coeur brulant, ce sont les mots qui s'enfuient de l'incendie du malheur. Pour ma part mettre des mots sur les sentiments de mon être c'est me sentir moins seul face à mon mal être. C'est me sentir moins desesperé. C'est accrocher un timide sourire, désabusé, c'est faire croire que tout va bien alors que tout va pour le pire. Un peu comme un clown, qui mettrait un nez rouge alors qu'au lieu d'ivrogne il n'est encore qu'un enfant

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  6. Un enfant en colère qui ne sait plus quoi faire pour se faire entendre, alors il se réfugie derrière un mur de silence cimenté par des mots, des mots chauds et brulants, dégoulinants de toute cette douleur qui se tortille et ce sourire, usé, faux et artificiel qui tire sur ses joues comme une corde de violon acérée et proclame au grand jour "tout va bien".
    Ces mots la, empreints de douleur et de peur, de grands sentiments, ces mots la, les plus beaux, les plus profonds aussi sont ceux, les seuls qui peuvent enfin dire tout haut ce que ce masque rouge et blanc cache profondément

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