mercredi 9 décembre 2009

P a y e t o n P a s t a g a . Rico


Et mes grands yeux emportent les tiens, on s'en va, on s'en va loin. Pour toujours et plus encore ? C'est une chose qui peut se négocier. J'crois qu'on est fatiguées. Des rebondissements, des silences, des retours. Regarde moi encore, jt'arrache ce sourire qui n'est que pour moi. Je ne saurais mentir, tu sais que je n'aime que toi. Allez viens, on s'en va, on s'en va loin. Compter les étoiles, regarder le monde de dessus, de Là Haut, en chantant à tue tête et en fumant un peu trop. On boira des litres et des litres de pastis ambré pour se tenir chaud, pour trouver que tout est décidément trop rigolo.
On va écrire des hyperboles de tout et de rien pour qu'on ne s'abîme plus, pour qu'on ne craigne plus, on va être les plus forts, les plus belles, les plus bonnes des plus bonnes, oublie oublie qu'on a eu peur, qu'on regrette, viens regarde je te prête mes mots pour construire notre ailleurs. Imagine un horizon, on va le dessiner de toutes les couleurs, des traits saccadés, qui débordent et qui sont salés. Salés de tout ce qu'on aura enfin fini de pleurer, de regretter, de détester. On est ensemble, ne t'en fais pas, tu vois, je suis là, ferme les yeux; respire fort, fort, fort à t'en faire éclater les poumons, sens tu cette liberté qu'on s'est offerte, tu vois je suis toujours la je ne bouge pas je suis et serai toujours avec toi et la pluie tombe coule et tombe tombe tombe encore à quatre pattes dans les flaques on sait que la suite ne pourra être plus intacte...

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