On ne tue pas son héros petite un héros est immortel immuable imbuvable même noyé dans des litres de vodka dégoulinante et dégueulasse un héros reste un héros et même si le manège continue de tourner la musique de jouer les jours d'avancer un héros reste un héros
La ritournelle du fantasme relique d'un temps passé un temps suspendu un temps qui n'est plus et ne sera plus jamais on conjugue à tous les temps les jamais et les toujours les mots bannis les mots trahis la ritournelle fredonne entonne sonne cette chanson que l'on ne veut plus que l'on ne peut plus entendre c'est un bel anniversaire un an de plus un an qui s'en va un an qui s'enfuit un anniversaire comme les autres comme si rien n'avait changé comme si tout était pareil et pourtant les paramètres sont tous différents désormais rien ne ressemble plus à rien et surtout pas nous dolce vita comme si la vie adoucissait les moeurs un héros ne s'adule plus mais un héros ne se déteste pas non plus il s'évapore petit à petit pour ne jamais disparaître vraiment et allumant toutes ses cigarettes qui petit à petit consumment les ailes en papier froissées les ailes collées à la cire brûlante sur une peau nue et meutrie la cire qui fond fond doucement jusqu'a disparaitre les ailes sans elle faire son deuil doucement tendrement arrière gout amer tout est parti en fumée comme la flamme éteinte entre deux doigts tremblants la musique résonne encore on s'accroche aux restes de rêves éparpillés on reconstruit les illusions sans espérance avec dépit dépit divin des envies déçues déchues et le fil s'étend encore s'étend encore et encore jusqu'ou les battements affolés de mon coeur se souviennent sans dire on ne peut mettre de mots là dessus les mots sonnent faux comme tout l'artificiel l'artifice les rires les sourires les masques mais l'élastique se romp au beau milieu de cette danse effrennée sans queue ni tête et les larmes coulent sur les joues rouges et tout tourne la vodka coule noie nage et le coeur cogne et le souffle court le souffle court s'affaiblit peu à peu pour redevenir néant trou noir du lendemain je rêve que demain n'est rien ce n'est plus hier suspendue entre deux temps le ciel bleu épouse nos mains épouse nos de(ux)mains aujourd'hui se termine enfin
