Prenons le large, allons danser les valses à trois temps où vous voulez mais loin d'ici, bien loin d'ici
Et regardes tu défiler ta silhouette, marcher les gens, vivre les animaux, écoutes tu le bruit de la pluie qui tombe, les premières notes qui sortent d'un piano, passes tu ta langue sur tes lèvres quand tu te concentres, fronces tu les sourcils en repensant à ce qui t'a contrarié, essuies tu la mousse de la bière au coin de ta bouche, aspires tu la fumée de cigarette en fermant les yeux comme si chaque bouffée était la dernière, penses tu à tout ce que passe, file et nous dépasse, joues tu de la guitare debout sur ton lit, perdu dans la musique, dans un moment de folie, aimes tu le bruit d'un carré de sucre que l'on croque, l'odeur d'une nuque, le parfum d'une écharpe, te retournes tu intrigué par une silhouette, une allure, une démarche, te coupes tu du monde, un instant juste pour oublier que tu es la, que tu es toi et que ce n'est pas autrement, imagines tu que ta vie n'est plus rien pour l'aimer encore plus les yeux rouverts, chantes tu les chansons apprises sur le bout de tes doigts fort encore plus fort pour ne plus entendre battre ton coeur, regardes tu les nuages au lieu d'affronter les yeux qui te suivent te mangent t'aspirent, entends tu les cris silencieux qui te rammènent au port, bien loin de ceux que tu fuyais, aimes tu encore ce qui était mais n'est plus, crois tu ne serait-ce qu'un tout petit peu encore à la chance
Et les questions restent vaines sans réponses bouteilles dérisoires jettées à la mer folle et fugace qui les aspire les dévore les dégueule au milieu des vagues des remous des quatre vents et plus rien ne compte non plus rien ni le passé ni le futur tu te noies dans ce présent artificiel destructeur, l'alcool te donne les ailes que je me fabrique en papier l'alcool salvateur vicieux en vert en bleu en milles couleurs kaléidoscopales qui se mélangent t'offrant enfin le monde tel que tu l'aimes flou et sans limites flou et sans repère pour redevenir un enfant un enfant perdu et abandonné au milieu d'un monde cruel qui parle de bonheur sans ce soucier de celui des autres et la musique résonne fort tellement fort et les battements affolés de ton coeur sont enfin aspirés par cette vague aphone qui emporte tout emporte tout sur son passage les mots les espoirs les douleurs et tout ce qui ne peut plus jamais se dire un héros reste un héros que veux tu mon présent et le tien se mêlent sans jamais se croiser on vit ensemble sans jamais se rencontrer on est un mais on est deux on est petits mais ces douleurs font qu'on est devenus grands et cette mélancolie se tortille me titille encore encore et encore vois tu je ne me souviens plus ce soleil la couleur du ciel le gout de la mer le gout amer je l'ai gardé profondément comme si c'était la seule trace que tout a un jour été vécu tout se ressemble mais est tellement différent tellement peu convaincant tellement pas ce qui doit être insensé insensible je n'arrive pas à l'être mes ailes en papier froissé se décollent et finiront par s'arracher alors j'irais danser mes valses à trois temps six pieds sous terre pour ne plus regretter chercher mes jardins d'hiver loin très loin et surtout très haut pour rendre la chute incertaine iréelle mes yeux n'iront plus courir le ciel dans cette quête perdue d'avance la route est bien longue bien douloureuse mais je n'ai pas fini de marcher tu vois ?

Tout simplement magnifique
RépondreSupprimerMerci...
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