lundi 16 août 2010

Méticulosité du souvenir


On parlerait de B et BBar ronds de fumée bières cigarettes sorties garçons robes d'été chemises rayées en coton ivres morts et saouls vivants invasions évasions instantanés chansons a tue tête photos ratées ou réussies larmes heureuses briquets volés fuites en avant en arrière passé futur présent qu'est ce qu'on s'en fou puisque tout s'est envolé en fumée fumée évasive évadée sourires d'aventuriers fou rires cachés masques craquelés sauvées de justesse des crocodiles je crois bien que la vie c'est plus que quelque mots gribouillés sur un cahier rouge

Souvenir nous croyions encore pouvoir posséder le temps nous croyions encore une telle chose possible et envisageable nous croyions pouvoir disposer de ce fil étirable a volonté pour façonner un nouvel ailleurs un nouvel ailleurs parmi tant d'autres avec un air neuf et un soleil différent aux couleurs de l'arc en ciel pour garder encore un peu les dernières poussières de notre insousciance les dernières miettes de notre inconscience comme lorsqu'on était encore de petits enfants à qui il reste toute la vie entière pour se bruler les ailes et découvrir toutes les banalités du monde pour en faire des morceaux d'extraordinaire des morceaux de bonheur pur brut volcanique rangés précieusement dans une boite a secrets malette a Pandorre des souvenirs pièces d'un puzzle géant et magnifique puzzle de toute une vie qu'on étalerait sur une table et ce serait terrible alors de se rendre compte que toute une vie tient sur une pauvre table une pauvre table avec quatre pauvres pieds et faite avec du pauvre bois mais le sourire de satisfaction éclairant le visage effacerait alors toute cette pauvre réalité et ce serait un grand escalier pour le bonheur un peu comme les premières bouffées d'une philipp morris les coquillettes a la petite cuillère les premières notes de Hey Jude le refrain a tue tête de Bob Morane les mots glissés dans des cahiers des boites aux lettres des téléphones des vacances a la mer des photos au fish eyes et des couchers au lever du jour quand le monde dort et que bien éveillées, on se dit qu'il nous appartient.

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