vendredi 22 octobre 2010

Dans Au revoir il y a trente sept syllabes

Mais dans Au Revoir il y a revoir et j'écris parce que je sais que ces mots la finiront un jour par être lus parce que toi oui toi tu finiras par tomber dessus par hasard car il y a au moins trois cent vingt sept mille façons de provoquer le hasard mais au fond la façon importe peu l'important est que tu lises

Il y a fondre comme un sucre
et fondre de chaleur
Il y a le sourire fabuleux d'un dimanche
et le sourire d'un clown
Il y a les avions en papier
et les trains en Direction de
Il y les oiseaux pliés
et les rêves dans les cahiers
Il y a les pages noircies
et les livres qui marquent
Il y a la valse à trois temps
et les soirées animées
Il y a la vodka à l'herbe de bison
et les verres de gin pour oublier
Il y a les souvenirs
et il y a les regrets
Il y a une Princesse Coquillage
et la valse de Jason
Il y a l'enfant, le dernier qui s'envole
et puis il y a ceux, qui courent, et ne trouvent pas le courage de sauter

dimanche 17 octobre 2010

J'ai du arrêter les frais, c'était.


Nous allons partir du principe qu'il faut aller tout droit, tout le temps, sans jamais se poser de questions. Si je pose deux et que je retiens un j'ajoute vingt trois et multiplie par douze le résultant étant à diviser par neuf il n'y a donc plus aucune suite logique juste des chiffres sans importance et des dates sans incidence.

On va marcher, tout droit.

mardi 5 octobre 2010

numéro trente sept


Tu as envie que je parle alors je vais parler je vais raconter n'importe quoi m'user les cordes vocales à n'avoir plus de souffle plus de salive plus de mots je vais te dire me dire et puis raconter tout ce qui me passe par la tête juste pour que tu entendes ma voix que tu sentes chaque syllabe couler le long de ma gorge et mourir sur mes lèvres pour que tu entendes tous les ailleurs que je construis et détruis de quelques lettres accordées pour que les images collent aux mots collent à cet alphabet que je me plais à faire et défaire au gré des inflexions de cette voix qui sort de moi sans que je ne m'en rende vraiment compte et si ce n'était plus moi qui parlais
Et tout se met à tourner c'est une ronde folle une ronde crue une ronde sans rythme décadente et cadencée ma voix se perd se casse se brise ne reste qu'un filet qui se raccroche aux visages aux bouches aux dents aux lèvres qui défilent qui dansent cette valse incertaine et incontrolée je ne sais même plus ce que je raconte je perds ma tête elle roule tourne tombe et puis les lèvres sans corps continuent d'articuler un texte inconnu mais pourtant appris par coeur je n'ai plus de doigts mais ce texte je le sais je le dit je le hurle je le crie et plus rien n'a de sens pas plus que la caméra qui enregistre ce monologue insensé ce monologue enragé j'aimerais pourtant que mon alphabet se mêle au tien que mes lettres s'accordent à tes mots pour que nos lèvres cessent la danse folle du dialogue des sourds