mercredi 9 décembre 2015

plus rien n'aura de sens

et quand tout sera vide, sera creux, sera mort
plus rien n'aura de sens
pas même les larmes
ni les rires
ni les verres vides
et les auréoles dorées sur les tables
plus rien n'aura de sens
sauf les méduses
tentaculaires et gluantes
qui s'accrochent
tant bien que mal à la
cage thoracique qui s'effrite,
tout doucement

faudra monter les échafaudages
quand tout sera mort
pour reconstruire
autant que l'on pourra
mais la tête sous l'eau
tout semble si lourd
plein la bouche
les larmes,
les cris,
qui ne sortent pas
et se meurent,
eux aussi.

mardi 14 juillet 2015

les moches d'abord

écoute le vent. qui parle. et murmure.
j'irais chercher les mots qui manquent, inlassablement, sur n'importe quel rivage.
écoute le vent qui souffle à tes oreilles.
et te raconte.
dans le folklore des feuilles et des oiseaux sous le soleil de plomb qui transpire.
tout fond, dedans.
et le vent charrie les morceaux cassés.

lundi 15 juin 2015

et recommencer

Comment tu fais pour te relever quand tu as consacré toute ta vie à une personne et que tu te rends compte qu'en fait tout s'est écroulé ?
Je sais pas. Je sais pas et je me pose la question et je trouve toujours pas de réponse.
Et tout revient par vagues.
Les mots.
Les chansons.
Les cris.
Les larmes.
Les étagères cassées.
Les étagères à terre.
Les portes closes.
Les sacs trop pleins, les murs tous vides.
Et cette espèce de culpabilité insupportable qui enserre ton estomac comme un boulet trop lourd.
Oui tout s'est écroulé oui, puis après on s'est relevé et on a commencé à survivre.
C'est injuste de survivre quand on a à peine pris conscience de la chance qu'on avait de vivre.
Douze ans déjà, c'est fou comme le temps passe vite, bientôt le chiffre porte bonheur. Ouais, de nombre on est passés à chiffre et un jour ce sera décennies.
Décennies qu'on enfouît, toujours plus profondément pour pas se rappeler ce que ça faisait de vivre, avant. Avant qu'on se rende compte que tout s'était cassé la gueule et qu'on se mette à survivre pour avancer, pour continuer, pour faire semblant.

Et ramasser les étagères pour bricoler un semblant d'équilibre, ballottant sous les douleurs d'enfants, trop grandes pour ce corps tout vide.
Ces toutes petites douleurs mesquines qui lancent si fort qu'on a le coeur qui explose et le souffle remet à terre les étagères.
Alors, inlassablement, les ramasser, encore.

et recommencer


dimanche 14 juin 2015

quand dansent les sirènes


On aura beau mettre tous les voiles devant tous les yeux
Il restera toujours le poids qui étouffe
On aura beau tourner à s'en éclater la tête
Il restera toujours le point ancré
On aura beau rire à en perdre haleine
Il restera toujours les larmes qui coulent, dedans

Et nos cheveux en bataille et nos étoiles qui dansent et nos sourires perdus et nos envies déçues et nos espoirs en vadrouille et les montres métalliques qui égrainent les heures, froides et lumineuses.
Quand dansent les sirènes sous les lumières rouges
Quand dansent les sirènes pour frapper de leurs pieds meurtris
Leurs monstrueux coeurs jetés à terre
Qui ne battront plus

samedi 25 avril 2015

ta gueule, cassée

Il est si facile de fendre un coeur en deux.
Il y a des regards qui percent, laminent, détruisent et brisent.

Et les bleus sur les bras ne sont plus là que pour rappeler que parfois, de belles choses arrivent.