Comment tu fais pour te relever quand tu as consacré toute ta vie à une personne et que tu te rends compte qu'en fait tout s'est écroulé ?
Je sais pas. Je sais pas et je me pose la question et je trouve toujours pas de réponse.
Et tout revient par vagues.
Les mots.
Les chansons.
Les cris.
Les larmes.
Les étagères cassées.
Les étagères à terre.
Les portes closes.
Les sacs trop pleins, les murs tous vides.
Et cette espèce de culpabilité insupportable qui enserre ton estomac comme un boulet trop lourd.
Oui tout s'est écroulé oui, puis après on s'est relevé et on a commencé à survivre.
C'est injuste de survivre quand on a à peine pris conscience de la chance qu'on avait de vivre.
Douze ans déjà, c'est fou comme le temps passe vite, bientôt le chiffre porte bonheur. Ouais, de nombre on est passés à chiffre et un jour ce sera décennies.
Décennies qu'on enfouît, toujours plus profondément pour pas se rappeler ce que ça faisait de vivre, avant. Avant qu'on se rende compte que tout s'était cassé la gueule et qu'on se mette à survivre pour avancer, pour continuer, pour faire semblant.
Et ramasser les étagères pour bricoler un semblant d'équilibre, ballottant sous les douleurs d'enfants, trop grandes pour ce corps tout vide.
Ces toutes petites douleurs mesquines qui lancent si fort qu'on a le coeur qui explose et le souffle remet à terre les étagères.
Alors, inlassablement, les ramasser, encore.
et recommencer
lundi 15 juin 2015
dimanche 14 juin 2015
quand dansent les sirènes
On aura beau mettre tous les voiles devant tous les yeux
Il restera toujours le poids qui étouffe
On aura beau tourner à s'en éclater la tête
Il restera toujours le point ancré
On aura beau rire à en perdre haleine
Il restera toujours les larmes qui coulent, dedans
Et nos cheveux en bataille et nos étoiles qui dansent et nos sourires perdus et nos envies déçues et nos espoirs en vadrouille et les montres métalliques qui égrainent les heures, froides et lumineuses.
Quand dansent les sirènes sous les lumières rouges
Quand dansent les sirènes pour frapper de leurs pieds meurtris
Leurs monstrueux coeurs jetés à terre
Qui ne battront plus
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